Chronique des événements courants

7 avril : Réponses baltes à M. Mélenchon

La scène se passe dans le RER, le 29 mai 2005. Elle sera diffusée sur France 2, le 2 juin. Le sénateur Mélenchon fait campagne en vue du référendum et il se dirige vers les locaux de France Télévision. Un militant socialiste partisan du oui commence sa question : "si vous prenez par exemple, les nouveaux entrants de l’Est". Mélenchon l’interrompt et, avec l'élégance qu'on lui connaît, il réplique : "eh bien, qu’ils aillent se faire foutre ! Lituaniens ? T’en connais, toi, des Lituaniens ? J’en ai jamais vu un moi !"

Or, depuis l'agression contre l'Ukraine, cette goujaterie a pris une dimension politique. Non seulement la Lettonie exerce la présidence de l'Union européenne, mais les provocations russes se sont multipliées avec des incursions répétées dans l'espace maritime et aérien européen.

En décembre 2014 Moscou organisait des exercices militaires impliquant 9 000 hommes et 55 navires de guerre dans l'enclave de Kaliningrad/Königsberg que la Russie a conservé depuis 1945. Ce territoire, allemand depuis des siècles est situé entre la Pologne et la Lituanie.

Elles ont suscité les protestations de la Pologne, de l'Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie.

On sait d'autre part que la "doctrine" de Poutine invoque un droit d'assistance aux minorités russophones. Dans les trois républiques la question des russophones est un legs de la russification poursuivie frénétiquement par la Russie des Soviets.

En Lettonie, il en résulte aujourd'hui une forte minorité, représentée au parlement. Mais lorsqu'en 2012, un référendum a proposé plusieurs amendements à la constitution de la Lettonie pour faire du russe la deuxième langue officielle du pays. Cette proposition a été rejetée par 74,8 % des participants.

En juin 2014, de passage à Tallinn, la capitale estonienne, Barack H. Obama avait renouvelé la promesse de son prédécesseur George Bush en déclarant : "La défense de Tallinn, Riga et Vilnius est aussi importante que celle de Berlin, de Paris et de Londres."

En effet les républiques Baltes appartiennent à l'OTAN. Or, aux termes de l'article 5 du traité de l'Atlantique-Nord, toute attaque dirigée contre l'une d'entre elles sera considérée comme une attaque contre tous les membres de l'Alliance. Et tous les membres de l'alliance devront donc voler à son secours.

Les réassurances prodiguées par l'OTAN n'ont cependant pas appaisé les inquiétudes baltes. Les trois républiques ont décidé de doubler leur budget militaire d'ici à 2020.

"L'agression de la Russie contre l'Ukraine a fait revenir certains politiciens à la réalité, leur faisant voir l'importance de financer la défense", déclarait ainsi le 28 mars 2014 le ministre lituanien de la Défense, Juozas Olekas. Les partis politiques lituaniens ont signé le lendemain un accord en vue de porter d'ici à 2020 le budget de la défense de 0,8 % actuellement à 2,0 % du PIB. En Lettonie la ministre de la Défense, Raimonds Vejonis, réitérait de son côté, le 27 mars, devant une commission parlementaire la promesse de porter de 1 % l'an dernier à 2 % du PIB en 2020 les dépenses militaires du pays.

Et la Lituanie, qui l'avait abandonné en 2008, quatre ans après son adhésion à l'Otan envisage de rétablir le service militaire obligatoire. En Estonie, le service militaire est toujours obligatoire. La Lettonie envisage pour sa part d'accroître les effectifs de l'armée pour les faire passer de 2 000 à 7 000 hommes.

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