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Venezuela : bunkérisation du régime MaduroVenezuela : bunkérisation du régime Maduro

En ligne le 6 janvier 2017

Le 5 janvier à Caracas, Julio Borges nouveau président du Congrès prenait ses fonctions. Dans son discours d'investiture il a vivement critiqué le gouvernement, accusant le président Maduro d'abandon de ses responsabilités. Le Venezuela traverse une crise économique sans précédent amenant Nicolas Maduro à se dire victime d'une "guerre économique".

"Nous avons les plus grandes réserves en hydrocarbures au monde et les gens en sont pourtant réduits à se nourrir en faisant les poubelles", a déclaré Julio Borges. "Les personnes âgées s'évanouissent dans les files d'attente pour obtenir de la nourriture, des médicaments. C'est comme si nous étions victimes d'une malédiction", a-t-il ajouté."Que faire alors face à un gouvernement passé de l'autoritarisme à la dictature ? (...) Lutter, sans crainte, et partout, pour préserver la Constitution, le Venezuela et le droit de vote", a-t-il encore dit.

Maduro, est arrivé au pouvoir depuis avril 2013 à la mort de Hugo Chavez comme successeur de celui-ci à la tête de la "révolution bolivarienne". Son mandat s'achève normalement dans deux ans, en janvier 2019. Mais l'opposition, qui a recueilli 70 % des voix aux élections législatives de 2015 réclame depuis cette date un référendum révocatoire, que la constitution prévoit et que le régime persiste à bloquer par tous les moyens.

En direction de l'armée, pilier du régime, Julio Borges a lancé un appel : "Ne pas vouloir regarder la tyrannie en face est un déni face à l'Histoire et va contre votre raison d’être" et il a conclu : "Voulez-vous être les fiers héritiers de l'armée de libération de Simon Bolivar, ou qu'on se souvienne de vous comme seulement les gardiens de Nicolas Maduro ?"

La veille, 4 janvier, Maduro avait nommé un nouveau vice-président : Tareck El Aissami, qui était jusqu’à présent gouverneur de l’État d’Aragua, et qui serait chargé de le remplacer à la tête du pays en cas de destitution.

Âgé de 42 ans, Tareck El Aissam remplace Aristobulo Isturiz, 70 ans, dans le cadre d’un remaniement gouvernemental présenté par M. Maduro comme une étape cruciale : "2017 est la première année du redressement, et de l’expansion de la révolution bolivarienne sur tous les plans, moral, économique, politique et international."

Ex-dirigeant de l'organisation des étudiants pro-Chavez, avocat et criminologue, Tareck El Aissami est aujourd'hui l’un des responsables les plus influents du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), au pouvoir depuis 1999. Il dirige depuis 2012 l’État d’Aragua, considéré comme l’un des plus violents du pays.

En 2005, il a été élu député à l’Assemblée nationale, puis le président Hugo Chavez (1999-2013) l’a nommé vice-ministre de la sécurité civile entre 2007 et 2008. Il a ensuite pris la fonction de ministre des relations intérieures et de la justice, poste qu’il a occupé durant quatre ans.

Maduro tient la quasi-totalité des institutions non-élues, notamment le Tribunal suprême de justice ou les autorités électorales, et surtout la plus importante d’entre elles : l’armée.

Le régime Maduro accentue sa bunkérisation.

Pendant ce temps, dans le pays, la misère n’en finit pas de s’étendre.

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