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la rencontre Erdogan Merkel du 2 février

Islamo-terrorisme : Erdogan nie

En ligne le 3 février

Pour la première fois depuis le putsch manqué de juillet 2016, la chancelière allemande Angela Merkel s'est rendue le 2 février à Ankara. Or, les échanges avec le président turc Recep Tayyip Erdogan ont été extrêmement tendus sur les questions de la liberté d’expression et du terrorisme jihadiste.

Ainsi le président turc condamne jusqu’à l'expression "terrorisme islamiste". Il a martelé avec insistance que l'expression irrite gravement les musulmans, et qu'elle est "incorrecte car l'Islam et le terrorisme ne peuvent pas aller ensemble. La définition du terme Islam est la paix.".

Lors du point de presse conjoint organisé après leur entretien, les deux dirigeants ont manifesté leur désaccord avec éclat, Erdogan s'exprimant avec une colère habituellement inappropriée dans ce genre de circonstances diplomatiques.

"L'usage de l'expression terrorisme islamiste à cause de l'organisation terroriste Daech, est offensant, a-t-il déclaré. Je vous prie de ne pas l'utiliser. Nous exprimerons notre opposition tant que cette expression est utilisée. Garder le silence signifierait l'admettre. Moi qui suis un président musulman, je ne pourrais jamais l'accepter. Aucun autre pays ne mène la lutte que nous menons contre Daech."

Les organisations PKK, PYD, YPG et "FETO" (sigle artificiel par lequel le gouvernement d'Ankara désigne la confrérie Hizmet inspirée par Fethullah Güllen) sont toutes pareilles, a martelé Erdogan, soulignant que la Turquie attend toujours la décision des appareils judiciaires allemand et américain sur l'extradition des putschistes enfuis, alors que "85 colis de documents ont été envoyés aux États-Unis".

La Turquie, les États-Unis et l'Allemagne sont des pays alliés au sein de l'OTAN, a-t-il affirmé.

Erdogan a fait savoir qu'ils ont abordé les développements en Syrie et en Irak aussi, avec Merkel.

"Nous avons discuté des démarches à entreprendre en Syrie, ainsi que de la question migratoire, des moyens de coopérer dans la lutte antiterroriste, a-t-il précisé, insistant sur l'importance de la coopération internationale. L'Allemagne compte actuellement trois millions de personnes d'origine turque. La solidarité avec l'Allemagne qui fait partie de la coalition internationale de lutte, est très importante. J'estime que cette solidarité, dont nous avions fait preuve en Ukraine par exemple, doit continuer dans d'autres zones aussi."

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