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João Lourenço

Angola : la succession de Dos Santos

En ligne le 7 février

Au pouvoir depuis 37 ans, le José Eduardo dos Santos a confirmé le 3 février qu'il ne se représenterait pas à la présidence de l'Angola lors des élections d'août et qu'il cédait sa place à l'actuel ministre de la Défense, João Lourenço. "Le comité central du MPLA [Mouvement populaire pour la libération de l’Angola] a approuvé le nom du candidat João Lourenço en tête de la liste pour les élections du mois d’août ", a déclaré dos Santos, ce 3 février, lors d’un congrès du parti.

Dès mars 2016, le président angolais avait annoncé à son parti son intention de passer la main, sans s’attarder sur les modalités de ce retrait. Âgé de 74 ans, celui qu’on surnomme "Zedu", va donc quitter le pouvoir alors que l’Angola bruisse de rumeurs sur son état de santé.

C’est ainsi son ministre de la Défense et actuel vice-président du parti, João Lourenço, qui doit le remplacer à la tête du MPLA et donc de la république élections après les législatives prévues en août. En effet, la Constitution angolaise ne prévoit pas de scrutin présidentiel, mais précise que le poste de chef de l’État revient au leader du parti qui remporte les législatives.

Général à la retraite Joao Lourenço est un fidèle de la première heure du régime, dont il a gravi un à un tous les échelons politiques et militaires.

Depuis les années 1970, son parcours témoigne de sa loyauté sans faille au parti et à son chef.

Nourris au marxisme-léninisme, les deux hommes ont étudié dans l’ex-Union soviétique, qui a formé pendant la Guerre froide les jeunes figures montantes de la décolonisation en Afrique.

Joao Lourenço rejoint la lutte pour la libération de l’Angola en 1974, après la chute du régime autoritaire au Portugal, et prend part aux combats qui conduiront à l’indépendance. En 1984, il devient gouverneur de la province de Moxico (est) et entame son ascension dans l’organigramme du parti. D’abord chef de la direction politique de son ancienne branche armée (Fapla), puis président de son groupe parlementaire et vice-président de l’Assemblée nationale.

Il ne sort véritablement de l’ombre qu’en 2014, lorsqu’il accède au poste de ministre de la Défense. Sa nomination à la vice-présidence du MPLA en août dernier fait alors rentrer cet homme avide de pouvoir dans le cercle étroit des dauphins possibles de l’actuel président.

Dès les années 90, il avait déjà laissé entrevoir son ambition lorsque M. dos Santos avait suggéré qu’il se retirerait.

Jugé un peu trop vorace, son appétit avait toutefois valu à Joao Lourenço quelques années de purgatoire politique.

João Lourenço ami des ChinoisEn décembre dernier, lorsque M. dos Santos a annoncé son retrait, il est cependant apparu comme l’homme de la situation.

Soupçonné de vouloir passer la main à l’un de ses enfants, José Eduardo dos Santos lui a finalement laissé la place.

Pour l’opposant et journaliste Rafael Marques, le ministre de la Défense reste avant tout un "général dur du MPLA", dont la promotion ne représente pas plus qu’un simple "changement de visage" du régime.

Il n’a cependant jamais été invité à participer aux affaires pétrolières du pays.

Né le 5 mars 1954 à Lobito (ouest), il a grandi dans une famille engagée politiquement. Son père, infirmier, a purgé trois ans de prison pour activité politique illégale. Diplômé d’histoire, marié à la représentante de l’Angola auprès de la Banque mondiale, il parle portugais, anglais, russe et espagnol, selon sa biographie officielle.

Commissaire politique dans plusieurs unités militaires du MPLA, il était parti ensuite en Union soviétique, où il reçoit, de 1978 à 1982, une formation militaire à l’Académie supérieure Lénine. Il passe souvent aujourd'hui pour un ami des Chinois.

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