Conférence du mercredi 25 novembre 2015

par JG Malliarakis

de 18 h à 20h au Café du Pont Neuf 14 quai du Louvre

La Faucille et le Croissant

La Faucille et le Croissant

Congrès de Bakou : Quand le Komintern appelait les musulmans au djihad

L'enregistrement de la conférence

En septembre 1920, sur les bords de la mer Caspienne, s’est forgée une alliance entre révolutionnaires marxistes et nationalistes musulmans. Apparemment contre-nature, elle se révélera féconde au cours du XXe siècle. Elle a permis à la Russie soviétique de légitimer ses possessions coloniales : en partageant dès 1921 le Caucase avec la Turquie kémaliste ; puis, à partir de la création de l'URSS en décembre 1922, en y incorporant les pays de l'ancien Turkestan russe en Asie centrale, etc. En dressant l'Orient contre l'Occident, les stratèges du Kremlin allaient définir une ligne internationale supposée couper le capitalisme de ses centres de profit.

Ce "Premier congrès des Peuples de l'orient" de septembre 1920 fut réuni à Bakou par les bolcheviks, à l'appel du Komintern. Il s'agissait de donner une nouvelle base stratégique à la Révolution. Certes, en 1917, elle avait été victorieuse en Russie. Mais, à l'ouest, ses tentatives pour l'exporter en Europe avaient tourné court : échec en Allemagne, contre-révolution en Hongrie, etc. Quelques jours à peine avant le Congrès en août 1920 l'armée rouge avait été arrêtée en Pologne.
À défaut de se développer à l'ouest, Lénine et ses camarades entreprirent de s'allier à l'est aux nationalistes musulmans, de se servir de leurs luttes et de les enrôler sous leur bannière.

L'alliance fut solennisée par Zinoviev, orateur enflammé. Alors président de l'Internationale, il en appela à la GUERRE SAINTE... cet appel au djihad fut suivie, indique le compte-rendu officiel, d'un "tonnerre d’applaudissements. Tumulte. Les assistants se lèvent en brandissant leurs armes. Pendant un assez long moment l’orateur ne peut pas continuer son discours. Les délégués, debout, applaudissent. Cris : Nous le jurons !"(...)

Jean-Gilles Malliarakis présentera son livre (1) et en débattra avec l'assistance le 25 novembre de 18 h à 20 h au Café du Pont Neuf, 14 quai du Louvre, Paris 1er (Métro Châtelet, Louvre-Rivoli, Pont-Neuf).   

Notes
⇑(1) La Faucille et le Croissant, éditions du Trident, 278 pages, 20 euros

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